Je ne sais pas ce que je ne sais pas

On ne sait pas à l’avance ce qui peut transformer notre trajectoire. Une raison de reconnaître les patterns sans renoncer à essayer des choses improbables.

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En 2019, pendant ma première formation business, on m’a fait écouter les CD audio de Kevin Trudeau. J’y ai entendu une phrase qui a changé ma vie et qui résonne encore beaucoup pour moi aujourd’hui : « Je ne sais pas ce que je ne sais pas. »

Autrement dit, je n’ai aucune idée de ce que je ne connais pas. Je ne peux donc pas savoir à l’avance ce qui se passera dans le futur, ce qui pourra m’apporter du positif ou ce qui deviendra une solution pour moi.

Une trajectoire impossible à prévoir

J’ai commencé comme coach sportif après un master STAPS. J’avais tout pour devenir préparateur physique dans des clubs de football, de rugby ou de basket. Puis, par le hasard de la vie, j’ai décidé de me lancer à mon compte dans le coaching sportif.

Pendant le Covid, je ne pouvais plus travailler comme avant. J’ai donc été obligé de vendre du coaching en ligne. Cette contrainte m’a conduit à développer une activité qui fonctionnait bien, avec de très bons résultats et de belles transformations.

Cette activité m’a permis de découvrir la liberté financière et géographique pendant plusieurs années. Elle m’a aussi poussé à développer des compétences en vente et en marketing.

Aujourd’hui, je suis consultant en marketing. Je me suis formé à de nombreuses notions, notamment aux neurosciences appliquées au marketing, et je peux aider d’autres business à générer plusieurs millions grâce au marketing et à la vente.

À 18, 19 ou 20 ans, lorsque j’étais en faculté de sport, je ne pouvais pas anticiper cette trajectoire. Les étapes qui allaient la construire ne faisaient pas encore partie de ce que je connaissais.

Les meilleurs résultats ne sont pas toujours ceux qu’on avait prévus

Arnaud, connu sous le nom de Tugan, expliquait récemment en interview qu’il n’aurait jamais misé sur une grande partie de ses meilleurs investissements financiers. Il avait simplement décidé d’y mettre un peu d’argent pour voir ce qui se passerait. Ces investissements ont finalement très bien fonctionné.

Il faisait le même constat à propos de ses meilleurs canaux d’acquisition. Il les avait lancés un peu au hasard, sans particulièrement parier dessus, et ils fonctionnaient.

Je retrouve aussi ce phénomène dans mon expérience. Beaucoup d’entrepreneurs que je connais ont vu certaines initiatives fonctionner sans être capables d’expliquer précisément pourquoi. Ils avaient procédé comme d’habitude, mais une tentative avait réussi là où les autres n’avaient pas marché, alors qu’ils n’auraient pas misé sur elle.

La musique offre le même type d’exemple. Des chanteurs et des rappeurs racontent que le morceau de leur album qui a percé n’était pas celui sur lequel ils auraient parié.

Dans la vie, on n’est pas plus intelligent que la vie elle-même. On ne sait pas ce qu’on ne sait pas.

Tenter davantage sans renoncer à l’expertise

Accepter cette incertitude invite à lâcher un peu prise, à jouer davantage, à se faire confiance, à écouter son instinct et à tenter des choses qui paraissent improbables. Cela encourage aussi à multiplier les essais pour laisser une place à ce qu’on ne pouvait pas prévoir.

Cette posture n’empêche pas de reconnaître des patterns. C’est précisément l’utilité des spécialités et des métiers. En marketing, en vente, en comportement ou en neurosciences, l’expertise permet d’identifier des régularités et de mieux comprendre ce qui fonctionne ou ne fonctionne pas.

Les deux approches peuvent coexister : s’appuyer sur ce que l’expérience permet de reconnaître, tout en restant suffisamment ouvert pour essayer ce qui ne semblait pas évident au départ.

L’expertise aide à orienter l’action. Elle ne donne pas la capacité de tout anticiper. Garder cette limite en tête permet de faire confiance à ce que l’on sait, sans croire que cela représente tout ce qu’il est possible de découvrir.

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