On a divisé par deux le coût par prospect Meta en changeant le message
En parlant avec les mots des prospects les plus frustrés, une nouvelle série de publicités a fait passer le coût par prospect de 12 € à 5,23 €.
Regarder la vidéo sur YouTube · 11 minPendant environ six mois, on a obtenu un coût moyen de 12 € par prospect sur Meta, avec un budget publicitaire moyen de 1 500 € par jour, soit 45 000 € par mois. Après avoir changé nos scripts, ce coût est tombé à 5,23 € sur les 1 500 € dépensés la semaine du test. On a obtenu plus de volume et des prospects de meilleure qualité.
On n'a changé ni les réglages ni les formats. Le levier modifié, c'est le message abordé dans les vidéos. Voici ce qu'on a fait et comment appliquer cette approche.
L'erreur que je vois chez beaucoup de clients
Quand une entreprise fait sa publicité, elle a tendance à parler d'elle-même : sa vision, sa méthode, son produit et ce qu'elle croit aujourd'hui en tant qu'experte.
Elle évite aussi certains discours avec lesquels elle n'est plus d'accord. En progressant dans un domaine, les croyances évoluent. Ce qu'un expert exprime aujourd'hui ne correspond donc pas nécessairement à ce que pense un débutant.
Le problème, c'est que ton prospect n'est pas au même niveau de réflexion que toi. Certaines phrases peuvent te sembler trop simplistes ou insuffisamment exactes, alors qu'elles décrivent bien ce qu'il pense. Si tu refuses de les employer par peur de leur être associé, tu crées une fracture entre ton message et ton audience.
Tes publicités finissent alors par te ressembler, sans forcément parler aux personnes auxquelles elles s'adressent. C'est aussi pour cela que des personnes moins compétentes peuvent obtenir de meilleurs résultats : leur discours est plus proche de celui de leur audience.
Pourquoi on filtre son message
On filtre souvent son discours parce qu'on ne veut pas être critiqué. On craint les réactions négatives et le regard des autres, tout en cherchant à plaire.
Cette prudence conduit à produire un message trop avancé pour le prospect. L'entreprise parle déjà de l'étape suivante, alors que son audience a d'abord besoin de reconnaître sa propre situation dans la publicité.
La première étape consiste donc à changer sa façon de voir la publicité. Elle n'est pas faite pour exprimer toute ta pensée ni pour démontrer ton expertise. Elle doit permettre à la personne qui la découvre de reconnaître immédiatement ce qu'elle vit et de se dire : « C'est exactement ce que je pense. C'est fait pour moi. »
Le rôle exact d'une publicité
Chaque étape du tunnel d'acquisition a un rôle précis. La publicité sert à capter l'attention et à faire cliquer. Pour y parvenir, elle doit parler le langage du prospect et créer de l'identification.
Le contenu de conversion, comme un webinaire, intervient ensuite. C'est à cette étape que tu peux changer les croyances, éduquer, recadrer et permettre au prospect d'envisager une nouvelle solution.
Si tu mélanges ces deux fonctions, tu obtiens une publicité qui éduque mais ne capte pas suffisamment l'attention. Elle peut fonctionner sur une toute petite part du marché, mais ses coûts augmenteront à mesure que tu chercheras à passer à l'échelle.
Le pivot exact qu'on a fait
Le changement est parti d'une question : parmi nos clients actuels, qui sont les plus convaincus, les plus extrêmes et les plus frustrés ?
On a cherché à comprendre ce qu'ils pensent, ce qu'ils disent et comment ils expriment leurs frustrations les plus profondes, sans filtrer leurs propos. Puis on a tourné des contenus publicitaires qui reprenaient ces pensées et ces mots.
1. Identifier les clients les plus convaincus
Il faut se concentrer sur les personnes qui souffrent le plus du problème et dont la frustration est la plus forte.
Le but est d'identifier leur vocabulaire réel :
- Quels mots utilisent-elles ?
- Quelles phrases répètent-elles ?
- Que pensent-elles sans toujours oser l'assumer ?
- Quelles formulations te semblent trop fortes ou pas toujours vraies, mais correspondent à leur réalité ?
2. Repérer les phrases difficiles à assumer
Les phrases les plus utiles sont parfois celles qui te font penser : « Je ne peux pas dire ça, ce n'est pas toujours vrai. »
Elles ne décrivent pas nécessairement ta propre vision d'expert. Elles expriment la réalité vécue par certains de tes prospects. L'objectif n'est pas de prétendre être d'accord avec chaque formulation, mais d'être juste par rapport à ce qu'ils pensent et se disent.
3. Exprimer ces mots sans les diluer
Une fois ces phrases identifiées, exprime-les dans la publicité sans les rendre plus acceptables. Ne les reformule pas avec ton vocabulaire d'expert. Garde l'émotion brute qui permet au prospect de se reconnaître.
Ce message peut également attirer des clients plus modérés. Ils ne formuleraient pas nécessairement les choses de cette manière, mais ils peuvent partager la même pensée sans l'assumer aussi ouvertement.
Le résultat chiffré
Sur les 1 500 € dépensés la semaine du test, le coût moyen est passé de 12 € à 5,23 € par prospect.
Le changement a aussi apporté plus de volume et une meilleure qualité de prospects. Le message attire des personnes qui ressentent déjà une frustration, une douleur et un problème importants. Cela conduit à de meilleurs leads et à davantage de ventes.
Cette évolution ne vient pas d'une modification des réglages ou des formats publicitaires. Elle vient du changement d'angle, de message et de script.
Polariser, oui. Provoquer, non.
Polariser consiste à dire ce que les prospects pensent déjà afin que les bonnes personnes se reconnaissent et que les mauvaises soient filtrées.
Provoquer consiste à chercher le buzz ou le choc pour eux-mêmes. Cette approche risque d'attirer des personnes qui ne correspondent pas à la cible.
L'objectif n'est donc pas de choquer. Il est de créer une connexion en exprimant tout haut ce que les prospects les plus concernés pensent et disent au quotidien.
Assumer les réactions
Un message plus polarisant peut générer des commentaires négatifs et faire parler. Il faut accepter ces réactions sans perdre de vue le rôle de la publicité.
Dissocier ton image personnelle de ton rôle marketing aide à assumer ce discours. Dans la publicité, tu représentes l'entreprise et les personnes qui font confiance à ce qu'elle propose. Tu n'es pas en train de résumer l'intégralité de ta pensée personnelle.
Réserver l'éducation au contenu de conversion
La publicité rejoint les prospects là où ils se trouvent. Le contenu de conversion peut ensuite reconnaître leur ressenti, leur apporter de la valeur et les conduire vers un niveau de conscience plus élevé avant de présenter la solution.
Cette séparation permet à chaque étape de remplir son rôle :
- La publicité capte l'attention et crée l'identification.
- Le contenu de conversion éduque, recadre et fait évoluer les croyances.
- La solution est proposée une fois ce chemin parcouru.
Les erreurs à éviter
1. Parler uniquement de soi
Une publicité centrée sur ta vision, ta méthode ou ton produit risque de ne pas refléter les préoccupations immédiates du prospect.
2. Reformuler les phrases pour les rendre acceptables
En diluant les mots du prospect, tu risques de supprimer l'émotion qui lui permet de se reconnaître dans le message.
3. Confondre polarisation et provocation
Le message doit partir de ce que pense réellement la cible. Chercher uniquement à faire du bruit ne crée pas la même connexion.
4. Éduquer trop tôt
Si la publicité essaie déjà de changer toutes les croyances du prospect, elle peut perdre sa capacité à capter son attention. Cette éducation appartient à l'étape suivante du tunnel.
Ce que ça change concrètement
En parlant avec les mots des prospects les plus convaincus et les plus frustrés, les publicités cessent de parler dans le vide. Elles attirent plus directement les bonnes personnes, filtrent celles qui ne se reconnaissent pas dans le message et peuvent diminuer le coût d'acquisition.
Le levier ne repose pas ici sur une optimisation technique. Il repose sur une meilleure compréhension de ce que les prospects pensent, disent et ressentent, puis sur la capacité à l'exprimer sans le diluer.